Profil atypique : le besoin de se réinventer

Chantale : participante en communication, profil atypique

On voit de plus en plus souvent cette étiquette professionnelle : profil atypique. Ces personnes doivent composer avec un défi particulier : leur besoin de se réinventer sans cesse. Cette apparente instabilité les place en marge de ce que l’on considère comme un parcours professionnel normal.

Ça mange quoi en hiver, un profil atypique ? Propulsion Carrière a accueilli un de ces drôles d’oiseaux. En avril 2020, Chantale Vincelette est entrée en tant que participante au poste d’agent de communication. Sa formation n’y était pas directement reliée: un diplôme collégial en graphisme et un autre en arts. Toutefois, 25 ans d’expériences professionnelles multiples l’avaient modelée pour cette fonction, qu’elle souhaitait occuper dans la suite de sa carrière.

Un profil atypique, c’est quoi?

Voyons l’exemple de Chantale. Enfant, elle dessinait constamment. Son amour précoce pour la lecture, son goût prononcé pour l’écriture et son imaginaire particulièrement fertile la prédisposaient au domaine des arts et de la création. Prévisions: vie palpitante, mais conditions précaires.

En même temps, elle était aussi passionnée de sciences naturelles. Oiseaux, insectes, mammifères, poissons, plantes, champignons… tout y est passé. Elle pouvait s’orienter vers les sciences. Prévisions: études plus longues, vie stable. Son rêve d’enfance ? Intégrer l’équipe d’artistes de Walt Disney… et devenir vétérinaire. Avec, en toile de fond, une carrière d’écrivain et d’artiste peintre.

On fait quoi avec tout ça ?

Des choix. Parfois déchirants, souvent plus émotifs que rationnels. Suivant son cœur, elle a choisi les arts. Elle complète son parcours collégial en se donnant à 100 % dans tout ce qu’elle fait. Elle se découvre de toutes nouvelles passions (sculpture, photographie, création vidéo), intègre l’équipe du journal étudiant en tant que bédéiste et réviseure linguistique. Elle se démarque en dessin et en utilisation de la couleur.

Malgré cela, ses pairs ne la reconnaissent pas comme une artiste. Son travail est trop figuratif, trop concret. Par contre, tous s’accordent à dire qu’elle ferait une bonne graphiste. Le doute de soi s’installe: aurait-elle dû choisir la raison au détriment du cœur?

C’est grave, docteur ?

Pas forcément; mais ça la retient de foncer tête baissée comme doit le faire un artiste, s’il espère arriver à percer. Un premier emploi comme commis de librairie, qu’elle gardera cinq ans, lui permet de surmonter sa timidité et sa peur de parler en public. Puis, un besoin viscéral de changement la pousse à partir à la recherche d’autre chose.

S’ensuit une période d’alternance entre des épisodes de création intense et des emplois précaires, jusqu’à l’automne 1999 où elle devient conseillère en encadrement. Elle apprécie cet emploi en lien avec les arts et la culture. Sauf que l’entreprise ne peut ni assurer sa stabilité financière ni combler son besoin d’innover.

Pierre qui roule…

…N’amasse pas mousse, dit-on. À l’automne 2000, elle retourne aux études en technique de graphisme, désireuse d’améliorer ses perspectives de carrière. Elle aborde sa nouvelle vie en s’investissant à fond, comme toujours. Toute opportunité est bonne pour apprendre et expérimenter, tout en s’impliquant au sein du département.

Mai 2003, son second DEC en poche, elle est fière du parcours accompli… mais doute fort d’être à sa place dans son nouveau métier. En effet, on dit qu’elle manque de sens du design. Qu’elle illustre trop. Bref, qu’elle serait bien meilleure artiste, que graphiste. 

Profil atypique, quoi !

C’est ça, un profil atypique: des personnes avec de fortes aptitudes dans plusieurs disciplines, mais qui ne cadrent parfaitement dans aucune. Ce sentiment d’inadéquation amène le profil atypique à chercher, parfois longtemps, sa juste place dans le monde du travail. D’un autre côté, cette difficulté l’aiguillonne à s’instruire sans cesse pour acquérir ce qui lui manque et ce, souvent de façon autodidacte.

Au départ, Chantale a travaillé comme pigiste. Ce faisant, elle a développé une structure efficace, une excellente discipline et un grand sens des responsabilités. Également, travaillant souvent en solo, elle a construit sa confiance en elle, exploité sa débrouillardise et élaboré des méthodes efficaces de communication et d’organisation du travail.

De fil en aiguille, les petits mandats l’ont menée à un poste régulier au sein d’une maison d’édition. Ainsi, pendant cinq ans, elle a exploré le monde du livre en tant que graphiste, administrateur intranet, illustratrice, rédactrice publicitaire et réviseure, en plus d’accomplir diverses missions de secrétariat, d’aide à l’utilisateur, recherche de partenaires techniques, aide à l’organisation d’événements et autres.

La stabilité, enfin?

Hélas, non. En décembre 2016, l’entreprise a été vendue et délocalisée. Néanmoins, pendant la courte période du transfert à la nouvelle équipe, Chantale a eu l’opportunité de concevoir et réaliser un guide complet pour la graphiste qui allait reprendre son poste. Une première expérience en création de contenu pédagogique venait de s’ajouter à son bagage, en plus d’une expérience de formation par téléphone et écrans partagés. Mine de rien, un futur agent de communication entrait en gestation. 

Chantale, participante en communication au profil atypique
Créatifs dans leur vie, les profils atypiques
le sont aussi dans le travail.

J’avais besoin de valider si j’avais les aptitudes requises pour soutenir mon intérêt envers les communications. Propulsion Carrière m’a fourni les conditions idéales pour faire de mon expérience une réussite!

Entre deux emplois, Chantale a réinvesti dans son développement artistique. Ses créations avaient besoin de visibilité. En mode solutions, elle s’est documentée et a construit son site internet avec la plateforme Wix, le tout comprenant une boutique en ligne et un blogue intégrés. Par la bande, en apprenant les bases du référencement SEO et des campagnes de publipostage.

En attendant que le tout génère des résultats, elle a accepté un emploi en tant qu’agent au service dans un centre d’appel. Cet emploi a mis en évidence son sens du travail d’équipe, sa grande empathie, ses aptitudes en tant que motivateur et leader positif.

Elle y a découvert ses aptitudes en formation et en écoute active. Constatant qu’elle adorait aider et s’avérait douée pour le faire, elle a postulé à l’interne pour devenir formateur. Le volet enseignement venait de s’ajouter à son éventail de compétences.

Ajoute une corde à ton arc!

L’histoire ne s’arrête pas là, et ne s’arrêtera sans doute qu’à son départ à la retraite… un jour. Dans l’intervalle, elle trouve toujours une nouvelle corde à ajouter à son arc, qui ressemble de plus en plus à une harpe. Et si on regarde le tout dans sa globalité, plutôt que dans sa linéarité, cet ensemble de cordes forme un orchestre parfaitement cohérent.

Et le rôle de Propulsion Carrière?

Inutile d’essayer de la motiver, car sa motivation est intégrée à sa nature, et elle s’adapte partout. Il a suffi de savoir reconnaître ses possibilités et lui donner des défis conséquents à relever, avec de la latitude pour expérimenter. L’équipe de Propulsion Carrière l’a parfaitement réussi.

En lui permettant de travailler sur une multitude de mandats qui utilisaient tous ses chapeaux à la fois, l’expérience du stage a donné à Chantale une opportunité de valider son nouveau choix et de renforcer ses options.

Grâce au modèle de gestion libre et autonome préconisé par la direction, elle a pu acquérir de nouvelles compétences techniques, améliorer son anglais, collaborer avec une équipe multidisciplinaire, et se découvrir une nouvelle passion : la mise en valeur des ressources humaines.

Le marketing RH sera-t-il le prochain rang qu’elle cultivera dans son jardin professionnel? Histoire à suivre!

 

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